La Déchirure

La déchirure retrace une page tragique de l’histoire du 20e siècle. Au Cambodge, le mouvement des Khmers Rouges, faction communiste révolutionnaire qui recrute ses miliciens dans les campagnes, prend de l’ampleur. En 1975, les Khmers s’emparent par les armes de la capitale Phnom Penh et envoie en camp la plupart de ses habitants. Le mouvement dirigé par Pol Pot dirigera le pays pendant quatre ans, et causera plus de 2 millions de morts.

Le film retrace cette histoire à travers un regard occidental, celui du journaliste Sydney Schanberg, travaillant à l’époque pour le New York times. Le film s’inspire de ses articles. Suivant les heurts politiques au Cambodge, Schanberg est un des rares journalistes qui parvient à rester dans la capitale cambodgienne après la prise du pouvoir par les Khmers. Le travail est difficile, dangereux, et s’il parvient à effectuer sa mission, c’est en partie grâce à la persévérance de son interprète, Dith Pran. Entre les deux hommes, une grande amitié se noue. Et lorsque le journaliste américain est finalement renvoyé aux Etats Unis, et que son interprète est envoyé en camp, c’est une toute autre aventure qui commence. Pranh connaît l’horreur du génocide et voit ses compatriotes exterminés; tandis que Shanberg essaie à distance de retrouver la trace de son ami.

La déchirure est un des plus grands films politiques jamais réalisés. Un film dense qui est à la fois un film de guerre, un témoignage passionnant sur le travail des journalistes en temps de conflit, une histoire d’amitié,  et la preuve que le cinéma est un outil puissant pour enregistrer les horreurs commises par l’Homme afin de ne pas oublier. Grand succès lors de sa sortie en salles, le film sera nommé sept fois aux Oscar et en remportera trois, dont un pour l’acteur Haing S. Nor, qui joue l’interprète. C’était son premier rôle au cinéma.

Le jeu des acteurs Sam Waterston et Haing S. Ngor est tres fort.

John Malkovich est aussi remarquable surtout dans cette scène que je qualifierais d’anthologie où il tente de produire avec les moyens du bord une photo d’identité pour le passeport de Dith PRAN afin qu’il puisse fuir le Cambodge. Cette scène ne dure pas plus de cinq minutes, mais c’est un fait rare dans le cinéma d’introduire le processus photographique : vinaigre et reste de papier pour faire un contact sous une lampe !

Titre : La déchirure
Titre original : The Killing Fields
Durée : 138 minutes
Sortie en France : 13 février 1985

Réalisateur : Roland Joffé.

Casting : Haing S. Ngor, John Malkovich, Julian Sands, Sam Waterston, Spalding Gray. Craig T. Nelson

Scénario : Bruce Robinson.
Musique : Mike Oldfield.
Pays : Etats-Unis d’Amérique | Royaume-Uni

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