An AMERICAN EXODUS a record of human erosion

Ce n’est ni un livre de photographies, ni un livre illustré au sens traditionnel du terme, annoncent Dorothea Lange et Paul Taylor dans leur introduction. Sa forme particulière s’explique par l’emploi de techniques de composition et d’agencement qui facilitent une lecture claire et vivante. Nous utilisons l’appareil photographique comme un outil de recherche. Clichés, légendes et textes sont le trépied sur lequel nous avons établi une réflexion qui s’est forgée au cours de longues observations sur le terrain.

Lorsque le couple Dorothea Lange et Paul Taylor publient en 1939 An American Exodus, fruit de plusieurs années de travail, la critique n’hésite pas à le qualifier « d’illustration des Raisins de la Colère », voire de « Steinbeck en images »… La comparaison n’est pas fortuite. Effectivement, les deux ouvrages se consacrent aux problèmes qui paralysent l’Amérique depuis la crise de 1929. La misère qui règne alors a jeté sur les routes des millions de personnes, lors d’un exode qui pousse ces populations vers la Californie dans l’espoir d’y trouver du travail.
Dorothea Lange avait déjà su trouver la bonne distance pour révéler la détresse, mais aussi la dignité, de cet « exode américain ». La construction du livre renforce cet effet sans sacrifier au pathos.
An American Exodus réussit le miracle d’associer dans une mise en page rigoureuse les photographies de Dorothea Lange, les témoignages des hommes et des femmes qu’elles a regardés et écoutés, et le texte de son mari, Paul Taylor, économiste soucieux de plaider pour une meilleure prise en compte, par l’État, des ravages de la crise du monde agricole.

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