GRUYAERT

Harry Gruyaert, c’est la couleur ! C’est sa façon de percevoir le monde : « La couleur, c’est un moyen de sculpter ce que je vois. La couleur n’illustre pas un sujet ou la scène que je photographie, c’est une valeur en soi. C’est même l’émotion de la photographie. »

Harry Gruyaert est un des rares européens à donner à la couleur une dimension créative. Avec Saul Leiter, Joel Meyerowitz, Stephen Shore ou William Eggleston, il donne au film couleur une puissance émotive qui, sans jamais renier la force narrative de l’image, offre à cette dernière ses lettres de noblesse. La photographie de Harry Gruyaert est une vision radicalement graphique du monde.

Vers 20 ans il fait de la photographie comme le médium qui traduira et construira sa quête de connaissance et de sensualité.

1960, école du cinéma et de photographie de Bruxelles. Les photographies de Richard Avedon et Irving Penn l’incitent à devenir photographe de mode.
1962, il quitte Anvers pour Paris.

Trois rencontres seront déterminantes :

Peter Knapp, directeur artistique de ELLE, lui commande des photos de mode, Harry Gruyaert éprouve alors un certain plaisir à “vivre parmi les mannequins”, avant de trouver que “tout cela manque singulièrement d’ouverture au monde”.

Robert Delpire, qu’il admire pour la qualité de ses livres autant que de son agence de publicité, lui fait réaliser des photos de voiture,

Philippe Hartley lui demande de documenter une croisière Paquet, au Maroc.

 

C’est la révélation. Le Maroc va devenir une source constante d’inspiration et l’occasion de deux livres : “ une fusion, les habitants sont mêlés au paysage dans une harmonie de couleurs, c’est le Moyen-Âge et Brueghel à la fois”.

C’est par les voyages, parce qu’ils luis permettent de de se confronter à d’autres réalités que Harry Gruyaert trouve son expression personnelle.

Alors pour être libre de voyager à son rythme et de produire des photographies sans autre finalité que l’expérience vécue et la construction graphique, il va gagner sa vie en réalisant des commandes commerciales pour des entreprises, ce qui l’amène sur des circuits de Formule 1 comme sur des sites nucléaires…

 

Les trois livres qu’il choisirait :

GUIDE de William EGGLESTON (« car c’est un pionnier de la couleur »)
Images à la sauvette, Henri CARTIER-BRESSON (« parce que c’est… CartierBresson ! »)
Tous les livres, de Lee FRIEDLANDLER.

BIBLIOGRAPHIE

1986 : Lumières blanches, Éd. Actes Sud, 45p. (ISBN 2867540305)
1990 : Maroc, Éd. Schirmer/Mosel (ISBN 3888145791)
2000 : Made in belgium, Delpire (ISBN 285107203X)
2003 : Rivages, Éd. Textuel, 104p. (ISBN 2845970900)
2004 : Nord-pas-de-Calais Picardie, National Geographic, texte de Marie Desplechin, 218p. (ISBN 2845821387)
2009 : Tour Granite, avec Eric Reinhardt et Jean Gaumy, Xavier Barral, Paris, 2009 (ISBN 9782915173345)

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