How the other half lives

 »Il y a longtemps a été dit que la moitié du monde ne sait pas comment l’autre moitié vie. Cela était alors vrai. Cette moitié ne savait pas, car  cela ne l’a préoccupait pas. La moitié qui était au sommet se moquait des combats et du sort des plus humbles qu’eux, tant qu’ils étaient capables de les contenir et de garder leur propre place. »

 

Comment vit la moitié silencieuse de la population… cette phrase, titre de l’œuvre la plus célèbre de Jacob Riis n’est pas une question. C’est l’accroche d’une des plus grandes propagandes en faveur du combat contre la pauvreté qu’ait connu l’histoire américaine.

 » I have read your book and I have come to help.  »

Un jour, Jacob Riis trouva sur son bureau la note suivante: « I have read your book and I have come to help.». Cette note était signée de la main de Theodore Roosevelt alors président du New York Police Board of Commisionners et futur président des États-Unis. L’ancêtre de la FSA était né !

How the other half lives a marqué un tournant dans le mouvement progressiste, «un tournant dans la prise de conscience de la question urbaine».

Publié en onze éditions en l’espace de 5 ans. Et même s’ il dut essuyé certains reproches telle que sa représentation négative de certaines minorités, comme celle des Chinois, le livre rencontre rapidement son public. La réputation de l’œuvre se construit sur les données du Docteur Roger S. Tracy, ami de Riis et chargé des Vital Statistics (statistique sur les conditions de vie dans la ville de Ney York). Puis Riis est connu pour le sérieux de son travail en tant que journaliste. En plus de faire des constats, il propose des solutions visant à améliorer la vie des populations concernées. Ses photographies Riis permettent d’illustrer ses propos et contribuent à rendre son livre plus digeste que les autres ouvrages d’urbanisme de l’époque. C’est une révolution éditoriale.

Jacob Riis y présente la réalité sociale d’un slum new-yorkais. Ce titre fait rentrer indéniablement l’œuvre dans le genre documentaire. Mais le but que poursuivait Jacob Riis c’était la réforme de  l’organisation sociale et la prise en compte des besoins des plus pauvres. C’est pourquoi malgré toutes les critiques cette œuvre doit être analysée dans sa subjectivité et en tenant compte de la visée argumentative du propos de Jacob Riis car l’auteur milite avec acharnement pour une amélioration des conditions de logement, la mise en place de l’éclairage public et d’équipement sanitaire, mais également pour l’ouverture de parcs publics et des jardins de jeux. Il s’adresse dans cet ouvrage tant à la classe moyenne qu’à la frange la plus riche de la population new-yorkaise. Et à se rappeler ses premières années d’immigration, son travail est plus de l’ordre du témoignage que du documentaire.

la génèse

Il se forme auprès de photographes amateurs, dont le Docteur John Nagle, le Docteur Henry G. Piffard et Richard Hoe Lawrence. Ces derniers participent aux séances de « shooting » de Jacob Riis. Ici le terme de shooting prend tout son sens. En effet, Riis est connu pour son utilisation des premiers systèmes de flash lui permettant de saisir des images dans des conditions d’éclairage faible. Le système d’éclairage de l’époque est déclenché par des armes à feu déclenchées par ses comparses lorsqu’il prend les photographies ce qui met parfois en fuite ses sujets photographiques. Plus tard, lorsqu’il aura usé l’énergie de ses amis, il partira dans ses sorties seule, accompagné d’une poêle à frire dans laquelle il disposait du magnésium pour faire office de flash.

Il réalise un certains nombres de clichés qu’il présente à son club de photographie, puis dans des églises, des groupes de réformateurs… C’est à la suite d’une de ces représentations que Jacob Riis rencontre l’éditeur du magazine Scribner. La présentation How the Other Half Lives, devient alors un article de presse qui paraît en décembre 1889. Riis reprend ce travail et le complète pour finalement publier un livre sous le même titre en novembre 1890.

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