Crise au Venezuela

José Victor Salazar Balza, 28 ans, qui s’en est tiré avec de graves brûlures, participait le 3 mai 2017 aux manifestations contre le gouvernement vénézuélien. Un mouvement populaire qui avait pris de l’ampleur dans un contexte de grave crise économique, et qui avait été durement réprimé. Le président Maduro avait annoncé, quelques jours avant, son intention de faire modifier la Constitution du pays, preuve supplémentaire, selon l’opposition, de ses visées dictatoriales.
La récompense la plus courue du World Press Photo, attribuée le 12 avril à Amsterdam, a été attribuée à un photographe de l’Agence France-presse (AFP), Ronaldo Schemidt, pour son image d’un jeune homme brûlé par l’explosion du réservoir d’une moto lors de manifestations contre le président Nicolas Maduro à Caracas au Venezuela en mai 2017.
 
Cette photo de l’année, certes spectaculaire, mais où le visage et la douleur du blessé sont invisibles, semble moins sujette à polémique que celle de 2017, où l’image récompensée, signée Burhan Özbilici, montrant un homme qui venait d’assassiner l’ambassadeur de Russie en Turquie, avait été accusée de faire le jeu du terroriste.

Pour cette édition 2018, et peut-être pour prévenir à l’avance les débats, le jury du World Press Photo avait d’ailleurs décidé de montrer les images des nominés plusieurs semaines avant les résultats. La photo de Ronaldo Schemidt, qui braque les projecteurs sur la situation toujours difficile au Venezuela, a été préférée à d’autres images montrant la bataille de Mossoul, la persécution des Rohingya ou une attaque terroriste à Londres en mars 2017.

Ronaldo Schemidt

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