RIIS Jacob

l’un des ancêtres de la FSA

Jacob RIIS est né le 3 mai 1849 à Ribe au Danemark.

Son père est professeur à la Ribe Latin School où Jacob fait ses études. Il obtiendra un diplôme de charpentier, mais ne trouve de travail.

Au printemps 1870, faute de pouvoir se marier avec l’élue de son cœur, le jeune charpentier âgé de 21 ans quitte le Danemark pour la Grande Pomme, mais sa situation financière ne s’est pas améliorée, il fréquente malgré lui les asiles de nuit et les dépôts de police avant de partir travailler en tant qu’ouvrier agricole dans le reste du pays: «Hunger, homesickness and humiliation were frequently his lot as he drifted from job to job».

A son retour, la ville de New York lui est plus accueillante et il travaille tour à tour pour le New York Herald Tribune et le New York Evening Sun. C’est pour ce dernier qu’il est chargé de couvrir le quartier pauvre du Lower East Side qui accueillait alors les ouvriers venus d’Europe. Il y redécouvre des logements insalubres propices aux épidémies, la violence et la prostitution qu’il a lui-même côtoyé jeune homme.
Engagé par le South Brooklyn News en 1874, il écrit un article sur la corruption des politiciens. C’est alors qu’il est engagé par le New York Tribune et qu’il entame véritablement son travail sur le Lower East Side et sur les conditions de vie de ses habitants. Il s’installe à Mulberry Bend, un quartier d’immeubles collectifs ce qui lui permet d’être un témoin privilégié de la vie dans les quartiers pauvres.

En 1877, après sept ans de vagabondage et de pauvreté, il trouve un emploi stable de reporter, il est engagé comme journaliste au New York Tribune et à la Associated Press Bureau. Il entre alors dans l’univers de la presse populaire où le sensationnalisme est roi. La concurrence est féroce : «unable to publish realistic accounts of labor disputes or social injustices on their own merits, reporters had to sell their stories on human interest» (« Ne pouvant rendre compte de façon réaliste de la problématique des conflits au sein du monde du travail ou des injustices sociales, les journalistes étaient obligés de mettre en avant l’aspect humain » pour placer leurs articles)

Son nouvel emploi l’amène  là où l’on peut trouver de telles histoires, c’est-à-dire dans les slums new-yorkais, surtout habités par des immigrants.

C’est ainsi que débute l’histoire de Jacob Riis.

De cette période naissent ses premiers contacts avec des gens impliqués dans des œuvres de charité, des gens qui veulent réformer le gouvernement municipal, des experts en logements qui veulent améliorer les slums ou faire la promotion de la solidarité entre immigrants.

Ce qu’il voit dans les slums l’interpelle. Il faut savoir que Jacob Riis vit et travaille dans le Lower East Side.

En 1885, il devient officiellement citoyen américain. Il consacre ses temps libres à des levées de fonds pour des organismes de charité et des activités de sensibilisation à la pauvreté. Après avoir écrit sur la pauvreté vécue par les immigrants, Jacob Riis décide de trouver des solutions. Et en 1888, il donne une conférence intitulée «The other half, how it lives and dies in New York» devant la Society of Amateur Photographers. Il décide de compléter le texte de cette conférence en illustrant visuellement ses propos car il fait partie de ceux, comme Hines, qui savent que ces conférences auront plus d’impact si les gens pouvaient constater visuellement les conditions de vie dans les slums. Il avait déjà pu constater la fascination qu’engendrait chez les gens la photographie lorsqu’il avait organisé en 1886 des expositions de stereopticon. Il réunit donc une équipe composée de Henry G. Piffard, de Richard Hoe Lawrence (membres de la Society of Amateur Photographers) et du Dr John T. Nagel du Health Board pour visiter les slums new-yorkais. Le résultat sera How the other half lives, publié en 1890, un livre fait de dessins, de tableaux, de statistiques, de plans et de photos.

BIBLIOGRAPHIE
  • How the Other Half Lives (1890)
  • Children of the Poor (1892)
  • Lower East Side (1897)
  • Out of Mulberry Street (1898)
  • The Battle With the Slum (1902)
  • Children of the Tenement’ (1903)
  • Les taudis de Bayard Street à New York (1889)
  • Children sleeping in Mulberry Street (1890)
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