Tessina

Le Tessina, officiellement créé par Arnold Siegrist, est un appareil photographique argentique de format subminiature de haute qualité, sur film 35 mm, breveté par l’ingénieur chimiste autrichien Rudolph Steineck et fabriqué par Siegrist & Cie S.A., à Grenchen, Suisse, spécialisée dans les pièces d’horlogerie. Il est en réalité le fruit d’une collaboration entre Rudolf Steineck et Paul Nagel, respectivement inventeur et constructeur.

Or, qui dit horlogerie suisse dit extrêmement ingénieux, bien conçu et réalisé, d’une qualité mécanique (et optique) sans tâche.

Il fut introduit sur le marché en 1957 et distribué par la société Concava S.A., à Lugano, Suisse, dirigée par Steineck. Sa fabrication s’est poursuivie jusqu’en 1996.

Si le Tessina est un bijou, c’est un bijou de précision et de solidité.

Il prend des images de 14×21 mm sur du film standard de 35 mm, confectionné dans une cassette spéciale. Ceci est un avantage par rapport aux autres appareils miniatures, qui utilisaient des films de format plus petit, plus difficiles à se procurer, comme le MINOX, par exemple, qui prennait des vues de 8×11 mm sur du film 9,5 mm. Utiliser du film 135, c’est disposer de la gamme la plus large d’émulsions différentes et adaptées à des usages particuliers. Depuis les classiques films N&B ou couleurs (à haute ou basse sensibilité), en passant par les variantes infrarouges (N&B ou couleur), les pellicules à très haute définition, etc. C’est aussi pouvoir utiliser du matériel de développement et d’agrandissement standard, sans parler de la possibilité de faire des agrandissements à très grands coefficients, avec une bonne netteté (même à partir de négatifs 14 x 21mm). En résumé, que des avantages.

Pour pouvoir tenir dans un aussi petit appareil, le film se déroule horizontalement. L’image est donc transmise grâce à un miroir renvoyant les rayons à 90 degrés.

La focale est de 25mm, avec une ouverture maximale de f/2,8, assurant à la fois une superbe profondeur de champ et une mise au point minimale de 30 cm. L’obturateur à guillotine offrant des vitesses de la demi-seconde au 1/500ème. Puisqu’il est distribué par une marque d’horlogerie, oublions l’armement. Pour faciliter, voire accélérer, la cadence de prise de vue, l’armement est synchronisé à l’entrainement du film et régit par un micro-moteur mécanique que l’on remonte comme une montre.

 Sa très petite taille et son efficacité n’ont pas manqué d’attirer l’attention des services secrets, qui l’ont utilisé à des fins d’espionnage. On le retrouve d’ailleurs dans Topaz d’Alfred Hitchcock.

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