TROP de PEINES : femmes en prison

Pendant neuf années, dans neuf pays, j’ai photographié des femmes en prison. On me demande souvent comment j’ai pu passer autant de temps sur un sujet aussi triste. Au départ, la curiosité était mon principal motif. La surprise, le choc et la stupeur ont pris le relais. Puis la rage m’a portée jusqu’au bout.
Dès le début, j’ai été frappée par l’immense manque affectif des prisonnières. Elles étaient handicapées, et de plusieurs façons. Elles avaient été écrasées non seulement par l’ignorance, la pauvreté et une vie de famille éclatée, qui sont le lot commun de presque tous les détenus, mais aussi par des années – quand ce n’est pas une vie entière – d’abus physiques et sexuels exercés sur elles par les hommes.
Aujourd’hui, la politique mise en oeuvre dans les prisons de femmes consiste à humilier plutôt qu’à réhabiliter. Dans certaines sociétés, un homme qui a fait de la taule est considéré comme un héros. Pour une femme, c’est toujours une déchéance. 89 % des femmes incarcérées le sont pour des délits non violents. Est-ce vraiment nécessaire de les mettre en prison ?
Regardez bien ces femmes. Elles ont eu le courage d’assumer leur culpabilité, de vouloir changer, de nous parler, avec leurs mots et leurs images. Ce sont les femmes à qui nous avons tourné le dos.

Jane Evelyn Atwood

Titre : Trop de peines. Femmes en prison
auteur : Jane Evelyn Atwood
isbn : 9782226112361
couverture : relié
année : 9/05/2012
éditeur : Albin Michel
langue : française
état : excellent
format : 22×29 cm
Nbre de pages : 194 pages

Pendant neuf ans, dans neuf pays, Jane Evelyn Atwood a photographié des femmes en prison, « visité » quarante centres pénitentiaires. Au début, motivée surtout par la curiosité, elle est gagnée très vite par la surprise, le choc, la stupeur, minée par un écœurement rageur, jusqu’au bout. « Il fallait témoigner », dire combien la politique mise en œuvre dans les prisons de femmes consiste à humilier plutôt qu’à réhabiliter. Salles communes, parloirs, cellules d’isolement et d’attente, cours intérieures, fouilles, travaux forcés… Des êtres démunis, des prisonnières hagardes, des femmes mères trimbalant leur couffin d’une cellule à l’autre… Autant de photographies accompagnées de textes qui disent tout des conditions de détention, de l’inégalité entre hommes et femmes, de la maternité en prison, de cet immense manque affectif des prisonnières. Un ouvrage qui jette une lumière un peu plus crue encore sur une réalité très dure, un quotidien partagé entre le sordide, l’innommable, l’aberration et l’absurde.

Jane Evelyn Atwood a commencé à photographier les femmes incarcérées en 1989 ; sur une période de près de dix ans, elle est parvenue à obtenir l’accès des prisons les pires au monde, y compris le quartier des condamnés à mort. Le livre Trop de peines / Femmes en prison se présente comme un documentaire sur l’expérience des femmes en prison.

Pour ce travail, la photographe s’est rendue dans quarante prisons situées dans neuf pays d’Europe et des États-Unis, où le le nombre de femmes incarcérées en prison a décuplé depuis les années 1980. A l’intérieur de ces murs, la photographe a pris en photo et interviewé à la fois les prisonnières et leurs gardes.

Cette plongée dans le monde carcéral au féminin nous amène à poser un regard neuf sur les femmes, le crime et l’incarcération. Le livre Trop de peines / Femmes en prison apporte des questionnements provocants et primordiaux sur le traitement fait aux hommes et aux femmes en prison. Les entretiens avec les prisonnières et les 150 photographies en noir et blanc de Trop de peines / Femmes en prison sont un témoignage poignant sur le quotidien de ces femmes privées de liberté…

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