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l’instant du cri

By 20170216 août 20th, 2021 No Comments

World Press Photo 2017

Tribune du photographe Nicolas Baudouin pour qui, au-delà de toute polémique, le cliché de l’assassin de l’ambassadeur de Russie en Turquie, prise le 19 décembre par Burhan Ozbilici et récompensée par le World Press Photo 2017, fera partie des chefs-d’œuvre de l’histoire de la photographie de reportage. Photo Burhan Ozbilici. AP

Nous sommes le 19 décembre 2016, à Ankara, en Turquie. Burhan Ozbilici, photographe à l’Associated Press, rentre tranquillement du travail quand il décide de s’arrêter un moment dans une galerie d’art. Soudain, l’horreur absolue : Andreï Karlov, l’ambassadeur de Russie en Turquie, qui devait inaugurer l’exposition, est abattu par Mevlüt Mert Altintas, un policier qui n’était pas en service au moment des faits.

Au mépris du danger, Burhan Ozbilici appuie sur le déclencheur : le cliché de cet incident lui vaudra de remporter le prix de la photo de l’année 2017 décerné par la World Press Photo Foundation. Il revient aujourd’hui sur ce moment aussi exceptionnel que terrifiant.

Burhan Özbilici

Fils d’un intellectuel et héros de la guerre d’indépendance turque, Burhan Özbilici étudie le français dans un institut à Ankara, puis, en France, la littérature française et le journalisme spécialisé dans les nouveaux médias. Il rejoint l’agence Associated Press (AP) en tant que photographe en 1989, et intègre le « staff » en 1996. Il a notamment couvert la guerre du Golfe, la guerre civile syrienne et la tentative de coup d’État de 2016 en Turquie1.

Le 13 février 2017, Burhan Özbilici reçoit le prix World Press Photo of the Year à Amsterdam pour son cliché intitulé « Un assassinat en Turquie » et qui illustre l’assassinat d’Andreï Karlov, l’ambassadeur russe en Turquie tué le 19 décembre 2016 par le policier Mevlüt Mert Altıntaş2. Le jury a salué le courage du photographe en montrant ainsi la « haine de notre époque ».